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Sainte-Anne, Port Launay, Saint-Pierre : trois parcs marins qui résument la plongée aux Seychelles

Élise Chabrol-Faure 5 min de lecture
Sainte-Anne, Port Launay et Saint-Pierre : plongée aux Seychelles

Entre Mahé, Praslin, La Digue et une poignée d’îles coralliennes isolées, l’archipel seychellois offre une diversité de paysages sous-marins rare sur un territoire aussi restreint. Récifs frangeants, platiers de sable blanc, tombants rocheux et épaves se succèdent sur quelques kilomètres, chacun abritant une faune différente. Pour en profiter pleinement, il faut savoir où aller selon son niveau, son matériel et ce qu’on espère observer.

Praslin, La Digue et Mahé : trois visages très différents sous l’eau

Praslin se distingue par des criques peu profondes, idéales pour le snorkeling familial. À Anse Lazio, la profondeur ne dépasse guère 4 mètres, ce qui permet d’observer les bancs de poissons tropicaux sans effort particulier. Anse Petite Cour va un peu plus loin, jusqu’à 6 mètres, avec des formations coralliennes plus texturées.

La Digue mise sur l’accessibilité immédiate depuis la plage. Anse Source d’Argent, malgré sa renommée pour ses rochers de granit, reste peu profonde (2 mètres maximum) et convient surtout à une initiation tranquille. Anse Sévère propose un profil plus intéressant : 1,5 mètre sur le platier, puis jusqu’à 6 mètres au-delà du tombant, un bon compromis entre facilité d’accès et diversité de fonds.

Mahé, plus vaste, concentre des sites variés : Anse Soleil (4 à 6 mètres, fonds rocheux), Anse Major (accessible après environ 30 minutes de marche, pour ceux qui veulent fuir la foule) et surtout le Parc National Marin de Sainte-Anne, créé en 1973. Il s’étend sur plus de 1 400 hectares et abrite plus de 150 espèces de poissons ainsi qu’environ 100 variétés de coraux.

Les îles coralliennes isolées, pour une expérience plus exclusive

Denis Island et Bird Island

Ces îles nécessitent un accès en bateau ou en avion léger, ce qui limite la fréquentation et préserve les fonds. À Denis Island, les spots Muraille Bon Dieu, House Reef et Belle Étoile sont réputés pour les rencontres avec tortues et requins à pointes noires. Bird Island, avec plus de 5 kilomètres de sable fin, offre en prime la possibilité d’observer des baleines au large entre octobre et novembre, une fenêtre saisonnière à connaître si cette observation fait partie des objectifs du séjour.

L’îlot Saint-Pierre et le parc marin de Port Launay

Situé à environ 2 kilomètres de Praslin, l’îlot Saint-Pierre propose des fonds entre 3 et 10 mètres, accessibles en excursion bateau avec une taxe de débarquement de 300 RS. Le site a été affecté par le tsunami de décembre 2004, mais les coraux s’y régénèrent progressivement. Plus à l’ouest, le parc national marin de Port Launay est l’un des rares endroits de l’archipel où l’observation de requins-baleines est possible, une expérience qui attire autant les snorkeleurs que les plongeurs confirmés.

Plongée bouteille : épaves, grottes et tombants pour les niveaux confirmés

Au-delà du snorkeling, les Seychelles proposent des sites techniques réservés aux plongeurs certifiés. L’épave du GUBBIO, cargo italien coulé en 1981, et le Dredger Wreck, posé à environ 25 mètres de profondeur, demandent une bonne maîtrise de la flottabilité et de l’orientation en conditions de visibilité variable. Les Grottes des Sœurs et Shark Bank complètent ce tableau avec des reliefs sous-marins plus accidentés, où les courants peuvent être plus marqués qu’en surface.

Ces sites nécessitent presque systématiquement une sortie en bateau organisée par un club local, encadrée par un moniteur qui connaît les particularités du relief et les horaires de marée les plus favorables à la visibilité.

Choisir son spot selon son niveau et ses envies

Une façon simple de s’organiser est de penser son séjour comme une progression plutôt que comme une liste de destinations à cocher. On commence par les platiers peu profonds de La Digue ou de Praslin pour se familiariser avec le masque et le tuba, on monte ensuite vers les tombants de 6 à 10 mètres comme à Anse Sévère ou à l’îlot Saint-Pierre, puis on réserve les épaves et les grottes aux jours où l’on se sent vraiment à l’aise sous l’eau. Cette montée en puissance progressive évite la frustration du débutant largué dans un courant trop fort. Les couleurs et le comportement de la faune changent sensiblement entre deux et dix mètres, et sauter directement aux sites les plus profonds revient à se priver de cette transition.

Pour affiner le choix de la période selon les conditions de mer propres à chaque secteur de l’archipel, plus d’informations à ce sujet peuvent utilement compléter cette organisation par niveau.

Ce que l’on peut réellement observer, site par site

Les tortues imbriquées et tortues vertes fréquentent surtout les abords des platiers coralliens, notamment à Denis Island et dans le parc de Sainte-Anne. Les raies aigle et raies léopard se rencontrent plus volontiers sur les fonds sableux proches des tombants, tandis que les requins à pointes noires patrouillent près des récifs frangeants. Les poissons-chirurgiens, poissons-perroquets et anthias forment l’essentiel des bancs colorés visibles dès les premiers mètres, alors que murènes et diodons se cachent davantage dans les failles rocheuses et demandent un œil plus exercé. Ces observations restent probables mais jamais garanties : la présence de chaque espèce dépend de la saison, de l’heure et de l’état du récif ce jour-là. D’où l’intérêt de varier les spots plutôt que de se fier à un seul site pour cocher toutes les rencontres espérées.

Élise Chabrol-Faure

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